{"id":80,"date":"2020-04-13T19:09:01","date_gmt":"2020-04-13T19:09:01","guid":{"rendered":"http:\/\/terrascomunas.fr\/?page_id=80"},"modified":"2020-04-13T20:28:14","modified_gmt":"2020-04-13T20:28:14","slug":"un-projet-ecologique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/?page_id=80","title":{"rendered":"Un projet \u00e9cologique"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un mode d\u2019\u00e9levage qui lutte contre le d\u00e9sastre \u00e9cologique.&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><br>Nous savons aujourd\u2019hui que les activit\u00e9s humaines irresponsables d\u00e9truisent litt\u00e9ralement le support de notre vie comme de celle des autres esp\u00e8ces vivantes, au point que les humains sont devenus la cause de la 6e extinction massive de la biodiversit\u00e9 que conna\u00eet notre plan\u00e8te. Sur&nbsp;l&rsquo;ensemble de la plan\u00e8te, 60 % de milieux naturels ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9grad\u00e9s au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon la liste rouge de l&rsquo;Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), plus de 1 000 esp\u00e8ces connues sont d\u00e9j\u00e0 \u00e9teintes et plus de 26500 esp\u00e8ces sont menac\u00e9es d&rsquo;extinction, ce qui repr\u00e9sente plus d&rsquo;un quart des esp\u00e8ces \u00e9valu\u00e9es. Les invert\u00e9br\u00e9s, qui constituent le plus gros bataillon de la biodiversit\u00e9 (70% des esp\u00e8ces connues, la plupart petites et rares, difficiles \u00e0 \u00e9chantillonner et \u00e0 identifier), sont du m\u00eame coup les premi\u00e8res victimes de cette h\u00e9catombe. Qu\u2019on se figure qu\u2019en moins de trois d\u00e9cennies, 75 % de la biomasse des insectes ont disparu dans les aires prot\u00e9g\u00e9es en Allemagne&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 40 ans, nous avons perdu 60 % des populations d&rsquo;animaux sauvages sur Terre. En France, la moiti\u00e9 des zones humides a disparu depuis la deuxi\u00e8me guerre mondiale et pr\u00e8s d\u2019un tiers des oiseaux des champs ont disparu ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a urgence \u00e0 organiser et \u00e0 s\u00e9curiser un usage des terres qui respecte la biodiversit\u00e9, avec une priorit\u00e9 pour les terres les plus fragiles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le Plateau de Millevaches, les milieux ouverts non cultiv\u00e9s constituent un enjeu particulier. Les oiseaux d\u00e9pendant des espaces ouverts, mais aussi les insectes, les araign\u00e9es, les reptiles, les amphibiens, perdent un \u00e0 un les rares espaces habitables qui leur restent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On le r\u00e9alise peu, mais les milieux ouverts \u00ab&nbsp;naturels&nbsp;\u00bb (on entend par l\u00e0 les milieux ouverts non cultiv\u00e9s et non fauch\u00e9s, dont l\u2019ouverture n\u2019est pas le fait d\u2019une action humaine m\u00e9canique ou chimique) sont les plus menac\u00e9s en France et en Europe. Partout, ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9s pour \u00eatre remplac\u00e9s par des espaces d\u00e9sertiques, soit b\u00e9tonn\u00e9s, soit saccag\u00e9s par les grandes cultures industrielles. Parfois aussi, et c\u2019est plus le cas localement, ils ont disparu suite \u00e0 la d\u00e9prise agricole et aux plantations r\u00e9sineuses industrielles des landes et des tourbi\u00e8res. Ces milieux ouverts \u00ab&nbsp;sauvages&nbsp;\u00bb constituent pourtant l\u2019habitat de la majorit\u00e9 des oiseaux et insectes menac\u00e9s sur le Plateau de Millevaches&nbsp;: landes, tourbi\u00e8res, prairies naturelles non fauch\u00e9es et autres types de pelouses s\u00e8ches ou humides. Les esp\u00e8ces d\u2019oiseaux en danger qui en sont d\u00e9pendantes sont les plus nombreuses. Pour n\u2019en citer que quelques-unes parlons de la pie-gri\u00e8che grise (dont la r\u00e9gion constitue le dernier bastion en France), le circa\u00e8te Jean-Leblanc, le buzard saint martin\u2026 Mais les esp\u00e8ces moins connues qui sont d\u00e9pendantes de ces milieux et qui se trouvent menac\u00e9es par leur disparition sont beaucoup plus nombreuses, en particulier les insectes, les amphibiens et les reptiles&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les dix ans qui viennent, avec les d\u00e9parts \u00e0 la retraite des agriculteurs, la moiti\u00e9 des fermes de France vont changer de main. Sur le Plateau de Millevaches, cette proportion est encore plus importante tant l\u2019exode rural y a \u00e9t\u00e9 massif. Or \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une dynamique de reprise des terres, celles-ci iront bien souvent \u00e0 la sylviculture industrielle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le territoire du Plateau de Millevaches, cette derni\u00e8re constitue la menace principale. Si rien n\u2019est fait, les milliers d\u2019hectares qui cesseront d\u2019\u00eatre utilis\u00e9s par l\u2019\u00e9levage extensif comme c\u2019est le cas actuellement seront repris en grande partie par de grandes coop\u00e9ratives foresti\u00e8res, ou par des fonds d\u2019investissements qui leur confieront la plantation de r\u00e9sineux, per\u00e7us comme un placement \u00e0 long terme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas&nbsp;: si le fait de planter des arbres peut abstraitement sembler une action sympathique, ce qui se passe concr\u00e8tement est tout autre. Il s\u2019agit de remplacer un espace vivant, habit\u00e9 par de nombreuses esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales fragiles, par un milieu hostile o\u00f9 le seul crit\u00e8re pris en compte est celui de la rentabilit\u00e9 au terme le plus court possible. Du point de vue \u00e9cologique, la plantation monosp\u00e9cifique de r\u00e9sineux est une catastrophe. La biodiversit\u00e9 y est r\u00e9duite au strict minimum, et les habitats y sont quasiment inexistants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette pauvret\u00e9 n\u2019est pas un hasard&nbsp;: la plantation de r\u00e9sineux telle qu\u2019on la trouve sur le Plateau de Millevaches (comme, ailleurs, dans le mal nomm\u00e9 d\u00e9partement des Landes par exemple) est un d\u00e9sert voulu et volontairement cr\u00e9\u00e9 par l\u2019homme. Tout est fait pour que rien n\u2019y pousse \u00e0 part l\u2019esp\u00e8ce choisie&nbsp;: les arbres sont plant\u00e9s de mani\u00e8re suffisamment serr\u00e9es afin que la lumi\u00e8re y p\u00e9n\u00e8tre trop peu pour que des plantes puissent y pousser. La plantation est pens\u00e9e comme un d\u00e9sherbage automatique qui fonctionne de mani\u00e8re particuli\u00e8rement efficace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce d\u00e9sert est b\u00e2ti en \u00e9radiquant les habitats qui existaient \u00e0 sa place de mani\u00e8re aussi efficace que la construction d\u2019une autoroute. La plus grande partie de la vie y est de fait extermin\u00e9e, tandis que les milieux qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9s car ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s se sont appauvris \u00e9galement, du fait d\u2019\u00eatre d\u00e9connect\u00e9s les uns des autres par des barri\u00e8res r\u00e9sineuses infranchissables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est au vu de ce constat que dans nos pratiques d\u2019\u00e9levage, nous accordons une attention toute particuli\u00e8re aux espaces ouverts sauvages, landes, tourbi\u00e8res, ou prairies non fauch\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"710\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Circaetus_gallicus_0x.jpg?resize=710%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" data-id=\"15\" data-full-url=\"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Circaetus_gallicus_0x.jpg\" data-link=\"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/?attachment_id=15\" class=\"wp-image-15\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Circaetus_gallicus_0x.jpg?resize=710%2C1024&amp;ssl=1 710w, https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Circaetus_gallicus_0x.jpg?resize=208%2C300&amp;ssl=1 208w, https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Circaetus_gallicus_0x.jpg?resize=768%2C1107&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Circaetus_gallicus_0x.jpg?w=888&amp;ssl=1 888w\" sizes=\"auto, (max-width: 710px) 100vw, 710px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"609\" height=\"448\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Bildschirmfoto-2019-09-26-um-21.56.43.png?resize=609%2C448&#038;ssl=1\" alt=\"\" data-id=\"70\" data-full-url=\"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Bildschirmfoto-2019-09-26-um-21.56.43.png\" data-link=\"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/?attachment_id=70\" class=\"wp-image-70\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Bildschirmfoto-2019-09-26-um-21.56.43.png?w=609&amp;ssl=1 609w, https:\/\/i0.wp.com\/www.terrascomunas.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Bildschirmfoto-2019-09-26-um-21.56.43.png?resize=300%2C221&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 609px) 100vw, 609px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><figcaption class=\"blocks-gallery-caption\"><strong><em>Les landes et les tourbi\u00e8res entretenues par le p\u00e2turage sont des habitats pour des esp\u00e8ces fragiles comme la pie gri\u00e8che grise et le circa\u00e8te jean-leblanc.<\/em><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour prot\u00e9ger ces espaces, l\u2019\u00e9levage extensif tel que nous le pratiquons constitue la forme d\u2019agriculture la plus adapt\u00e9e. En effet, et contrairement \u00e0 d\u2019autres pratiques, comme la culture des c\u00e9r\u00e9ales par exemple, le pastoralisme ne demande ni de couper les arbres et autres plantes existantes, ni de retourner la terre&nbsp;: il suffit de mener les animaux l\u00e0 o\u00f9 la nature peut les nourrir, en bon entente avec le reste de la faune. Ainsi, nos vaches et nos moutons partagent leur territoire avec des chevreuils, des cerfs, des sangliers et des li\u00e8vres, sans parler de toute la faune plus petite et moins visible, mais tellement plus nombreuse, qui habite les parcelles que nous utilisons&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et comme nous n\u2019achetons pas d\u2019aliments ext\u00e9rieurs pour nos animaux, nous ne repoussons pas le probl\u00e8me sur une autre partie de la plan\u00e8te, comme c\u2019est le cas pour les animaux \u00e9lev\u00e9s en b\u00e2timents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous essayons donc, lorsque c\u2019est possible, de r\u00e9cup\u00e9rer des terres qui menacent d\u2019\u00eatre plant\u00e9es ou replant\u00e9es apr\u00e8s des coupes rases de r\u00e9sineux, pour restaurer des milieux de landes par le p\u00e2turage. Nous faisons le pari qu\u2019il est possible de d\u00e9velopper des formes de production qui sont&nbsp;<em>dans<\/em>&nbsp;la nature, en lien avec elle. Et qu\u2019en cr\u00e9ant ces espaces et en les habitant nous cr\u00e9ons en m\u00eame temps la possibilit\u00e9 de survivre dans ce monde en d\u00e9route, et de d\u00e9fendre les habitats sauvages dont nous faisons nous-m\u00eames partie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La forme d\u2019\u00e9levage que nous pratiquons, en fonctionnant avec 80&nbsp;% de surface en parcours, c\u2019est \u00e0 dire des espaces qui ne sont ni fauch\u00e9s, ni cultiv\u00e9s, mais seulement entretenus par le p\u00e2turage, permet d\u2019entretenir les milieux ouverts sauvages, et de prot\u00e9ger ainsi les esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales qui y trouvent refuge.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un mode d\u2019\u00e9levage qui lutte contre le d\u00e9sastre \u00e9cologique.&nbsp; Nous savons aujourd\u2019hui que les activit\u00e9s humaines irresponsables d\u00e9truisent litt\u00e9ralement le &hellip; <span class=\"more-button\"><a href=\"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/?page_id=80\" class=\"more-link\">Continue Reading<span class=\"screen-reader-text\">Un projet \u00e9cologique<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"tags":[],"class_list":["post-80","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/80","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=80"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/80\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":116,"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/80\/revisions\/116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=80"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.terrascomunas.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=80"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}